Souveraineté numérique en Europe : Pourquoi l'indépendance du cloud est cruciale aujourd'hui

Cela fait longtemps que nous parlons et écrivons sur l'importance de la souveraineté numérique, de l'indépendance technique et des architectures de données sécurisées. Aujourd'hui, l'ancien commissaire européen Thierry Breton aborde également ces questions dans son article invité dans le Handelsblatt intitulé “Nous ne devons pas nous laisser aller à devenir des idiots utiles”.” - avec une clarté remarquable.

M. Breton prévient que l'Europe risque de placer son avenir numérique entre les mains de quelques entreprises mondiales dont les intérêts ne correspondent pas nécessairement aux valeurs européennes de protection des données, de concurrence et de contrôle démocratique. Son message est clair : si nous permettons que notre infrastructure, nos données et nos technologies clés soient exploitées en permanence en dehors de l'Europe, nous ne perdrons pas seulement notre pouvoir de marché, mais aussi notre autodétermination.

Cette position va dans le sens de ce que nous, à fragmentiX, soulignons depuis des années. Chaque jour, nous constatons dans la pratique à quel point la dépendance à l'égard des fournisseurs de logiciels et de services en nuage non européens devient critique, que ce soit en raison d'options d'accès légales telles que le CLOUD Act américain, d'incertitudes géopolitiques ou simplement de la concentration économique.

C'est pourquoi nous reprenons l'appel de Breton, parce qu'il crée une prise de conscience politique qui n'a que trop tardé : La souveraineté numérique n'est pas une question de technologie de l'information, mais un fondement de l'indépendance européenne.

Et cela ne commence pas à Bruxelles ou à Strasbourg, mais dans chaque organisation qui décide aujourd'hui où et comment ses données sont stockées, traitées et sécurisées.

Trois étapes vers une véritable souveraineté numérique

Selon nous, trois étapes en particulier seront cruciales dans les années à venir si l'Europe veut relever ce défi :

1. Assurer la souveraineté européenne.
Le traitement, la communication et le stockage des données doivent se faire sous contrôle juridique européen et dans des infrastructures européennes. C'est la seule façon de garantir à long terme la protection des données, la protection de l'innovation et les intérêts de la sécurité nationale.

2. Renforcer l'indépendance vis-à-vis des prestataires de services américains.
Il ne s'agit pas d'isolement, mais de clarté juridique. Tant que des lois telles que le US CLOUD Act ou le FISA Amendments Act permettent l'accès aux données européennes, la véritable souveraineté reste une illusion. L'Europe a besoin de ses propres alternatives, de ses propres nuages et de ses propres fournisseurs de technologie.

3. Promouvoir et utiliser systématiquement les technologies à source ouverte.
La transparence crée la confiance. Des normes ouvertes et un code vérifiable sont les fondements d'un paysage informatique fiable et résilient. Les systèmes propriétaires peuvent sembler pratiques à court terme, mais à long terme, ils entraînent une dépendance, des structures de type "boîte noire" et une perte de contrôle.

Si nous nous engageons sérieusement dans cette voie, ce ne doit pas être un slogan politique, mais un investissement stratégique dans la capacité d'action de l'Europe.

La souveraineté numérique est plus qu'une simple protection des données : c'est une condition préalable pour que l'Europe puisse façonner ses intérêts économiques, scientifiques et sécuritaires de manière autodéterminée.

Le nuage n'est plus un espace neutre

Pendant longtemps, l'informatique en nuage a été synonyme d'innovation et d'efficacité. Aujourd'hui, nous savons que l'informatique en nuage n'est pas neutre. Les juridictions, les structures de propriété et les dépendances des fournisseurs déterminent la liberté d'action des organisations européennes.

  • La compétence comme risque : Même si les données sont physiquement localisées en Europe, elles peuvent être soumises à des lois étrangères par l'intermédiaire de sociétés mères étrangères. Le CLOUD Act, par exemple, permet aux autorités américaines d'accéder aux données contrôlées par des entreprises américaines, même si elles sont stockées dans des centres de données européens.
  • Dépendance à l'égard des hypercalculateurs : Trois fournisseurs américains dominent plus de 70% du marché européen de l'informatique en nuage. (IT Pro, 2025) Cela crée des économies d'échelle, mais aussi une vulnérabilité stratégique.
  • Concurrence et innovation : Les écosystèmes propriétaires ralentissent la concurrence ouverte et rendent difficile le développement d'alternatives européennes.

Des initiatives telles que GAIA-X et la certification Cloud de l'UE (EUCS) montrent que l'Europe pose les bonnes questions - mais la mise en œuvre déterminera si nous construisons réellement des infrastructures numériques indépendantes ou si nous créons simplement une dépendance gérée supplémentaire.

Les entreprises sont responsables

La souveraineté numérique commence à petite échelle - avec la question de savoir quel nuage, quel logiciel et quel système de sauvegarde utiliser. De nombreuses entreprises sous-estiment le fait qu'elles sont elles-mêmes responsables de l'intégrité et de la récupérabilité des données. L'approche de “responsabilité partagée” de nombreux fournisseurs de services en nuage ne signifie pas que la sécurité est complètement externalisée.

Un concept de sécurité moderne doit donc couvrir trois niveaux :

  • Contrôle technique : Les technologies de cryptage, de fragmentation et de verrouillage des objets doivent empêcher que les données soient modifiées ou supprimées sans préavis.
  • Contrôle juridique : Le lieu de stockage et le droit applicable doivent être compatibles avec la réglementation européenne en matière de protection des données.
  • Contrôle opérationnel : En cas de crise, le rétablissement doit être possible sans le consentement ou la coopération du fournisseur de services en nuage.

Seuls ceux qui comprennent et conçoivent consciemment ces niveaux peuvent agir en toute confiance.

Les entreprises qui souhaitent concevoir leur architecture de stockage et de sauvegarde en toute confiance trouveront un exemple pratique de ces principes dans notre brochure Solution de sauvegarde Quantum Safe. Il montre comment la sécurité théorique de l'information, la fragmentation et la localisation européenne des nuages permettent une véritable souveraineté des données.

Le point de vue de fragmentiX : la confiance passe par la technologie et non par les promesses

fragmentiX est synonyme d'une approche européenne : La confiance est créée par des technologies vérifiables, et non par de simples slogans marketing.

Notre mission est de concevoir l'utilisation du nuage et le stockage des données de manière à ce que les organisations conservent leur autodétermination numérique, qu'elles utilisent des services en nuage, des serveurs locaux ou des infrastructures hybrides. Cela inclut la conviction que le nuage n'est pas l'ennemi, mais un outil qui doit être conçu avec la souveraineté à l'esprit.

Des techniques telles que la sécurité basée sur la théorie de l'information (ITS), Secret Sharing, Les sites de stockage en nuage distribués peuvent réduire la dépendance sans sacrifier l'évolutivité ou la commodité.

Notre objectif est clair : la souveraineté des données ne doit pas être un idéal théorique, mais une réalité pratique - en particulier pour les entreprises, les autorités publiques et les instituts de recherche européens.

Si vous souhaitez savoir comment ces principes peuvent être mis en œuvre dans votre propre environnement informatique, nous nous ferons un plaisir de vous conseiller individuellement. Contactez nous ici - nous développerons ensemble une stratégie de sécurité des données souveraine adaptée à votre organisation.

Conclusion : La souveraineté n'est pas un luxe, mais un devoir

L'article de Thierry Breton est plus qu'un appel, c'est un rappel que la commodité technologique peut être coûteuse à long terme. Quiconque stocke ses données dans des juridictions non contrôlées ou fait aveuglément confiance à des fournisseurs de services en nuage risque aujourd'hui plus qu'une simple perte de données. Ils risquent de perdre leur capacité d'action.

La souveraineté numérique consiste à garder le contrôle des données, des systèmes et des décisions, sur les plans technique, juridique et stratégique. Il ne s'agit plus d'une option, mais d'une condition préalable à une Europe autodéterminée.

Nous partageons le point de vue de M. Breton : L'Europe ne doit pas se permettre de devenir des “idiots utiles” qui abandonnent le contrôle de leur infrastructure numérique. La voie vers un avenir sûr passe par des technologies propriétaires, des normes transparentes et des architectures souveraines - du nuage à la sauvegarde.

fragmentiX développe des solutions de sécurité européennes pour le stockage de données souveraines, vérifiables et à sécurité quantique. En savoir plus sur notre produits ou nous contacter directement!

Sources d'information:

Handelsblatt. Thierry Breton. 2025. Commentaire de l'invité : “Nous ne devons pas nous laisser aller à devenir des idiots utiles”.” https://www.handelsblatt.com/meinung/gastbeitraege/gastkommentar-wir-duerfen-uns-nicht-zu-nuetzlichen-idioten-machen/100175301.html

IT Pro, 2025. Les entreprises américaines dominent le marché européen de l'informatique dématérialisée - les acteurs régionaux se battent pour les miettes. https://www.itpro.com/cloud/cloud-computing/us-companies-dominate-the-european-cloud-market-regional-players-are-left-fighting-for-scraps

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